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Quelques
faits sur les Fulnios
Les Indiens Fulnios de l'état de Pernambuco au nord-est du Brésil
ne sont que peu connus dans leur propre pays et moins encore à
l'extérieur. Leur nombre reste actuellement aux environs de 6000
dans leur " réserve ", à l'endroit où
ils ont vécu depuis plus de 500 ans. On les appelle Fulnios,
" le peuple au bord de la rivière ".

Ce nom paraît être une ironie du sort car
la région dans laquelle ils vivent est atteinte de sécheresse
depuis quatre ans ; les rivières sont à sec et les Fulnios,
sans accès à l'eau ces quatre années durant. En
conséquence, ils souffrent d'absence de récolte, la famine
s'ensuit. Aussi, sont-ils privés d'herbes qu'ils utilisent pour
leurs fameux travaux de tressage. Leur situation dans l'ensemble est
devenue désespérée à plusieurs niveaux.
Entre autres, les éleveurs de la région font des tentatives
de récupération de la moitié des terres qui restent
encore aux Fulnios et certains citadins brésiliens ont à
plusieurs reprises brûlé et mis à sac les habitations
Fulnios. Et, comme c'est le cas pour de nombreuses tribus à travers
le monde, l'empiètement de l'Ouest sur leur mode de vie se résume
à la perte de terres.
(Voir www.socioambiental.org/website/pib/epienglish/fulnio/struggle.shtm
pour un résumé de
leur histoire et de la lutte pour leurs terres). Suite à ce désastre,
le désespoir. Et pour finir, le nord-est du Brésil, en
général une des régions les plus pauvres du pays,
est atteint de sécheresse, ce qui aggrave sa situation déjà
précaire.
Les Fulnios, malgré ces oppressions et ces
difficultés, restent attachés à leurs pratiques
spirituelles et médicinales. Chaque année, ils effectuent
une retraite spirituelle de trois mois, dans le but de maintenir leurs
traditions et de renouer avec elles.

J'ai fait la connaissance
de " Jaguar ", alias Aristides ou Thafkexkyaxkya en tant que
chef du groupe Fulnios. Jaguar est depuis toujours un visionnaire et
un activiste pour la cause des peuples indigènes du Brésil,
alors que les autres Fulnios sont pour moi des gens chaleureux et travailleurs
tout en restant joyeux, souhaitant seulement retrouver leur auto suffisance.
Leur artisanat est fabuleux (regardez les photos sur lesquelles les
chefs portent des coiffures incroyables faites avec des plumes perdues
par des oiseaux, qu'ils fabriquent et vendent avec d'autres articles
faits main). Bien que vivant dans des conditions difficiles au moment
de notre rencontre, ils m'ont honorée - comme ils ont honoré
plus tard des visiteurs de différents pays venus au Brésil
- par l'exécution de danses et de chants. Ils dégagent
une énergie impressionnante. De plus, Jaguar a dit : " nous
sommes des guérisseurs ". C'est ce qu'ils font et c'est
ce qu'ils sont.
Les
projets des Fulnios

Les problèmes auxquels les Fulnios se trouvent
confrontés sont multiples. Mais la priorité absolue
reste l'eau potable ! ! ! L'accès à l'eau résoudrait
d'autres problèmes pressants. Aussi, est-il essentiel pour
leur survie dans l'aldeia (village) de réussir à récupérer
une partie de leurs meilleures terres, maintenant entre les mains
des éleveurs de bétail, (VOIR PROJET DE RECUPERATION
DE TERRES FULNIO CI DESSOUS).
Au cours de l'année 2003, la communauté internationale
a réuni des fonds (voir l'information plus bas, les moyens
par lesquels vous pouvez continuer à y contribuer) pour le
forage de quatre puits sur les terres des Fulnios. Malheureusement,
après quatre années de sécheresse, la nappe phréatique
a dû diminuer considérablement, ne permettant qu'à
un seul puits de toucher l'eau qui, de plus, n'était pas d'une
qualité adaptée au pompage.
C'est la raison pour laquelle nous nous lançons dans des projets
de substitution jusqu'au moment où nous serons en mesure de
réévaluer la faisabilité de forages additionnels.
Les Fulnios ont besoin d'aide - et ils en auront besoin pendant encore
un certain temps - de la part de la communauté internationale.
Ils n'ont pas pu obtenir cette aide à l'intérieur du
Brésil. Voilà pourquoi cette page Internet a été
créée.
Pour commencer, plusieurs faits.
Les Fulnios possèdent actuellement deux principaux " lieux
de vie " - l'aldeia (le village) où ils vivent pendant
9 mois chaque année, approvisionné en minimum d'eau,
et leur endroit sacré, non loin du village, où ils passent
les trois autres mois de l'année en retraite spirituelle (ouricouri).
Pendant cette période, ils renouvellent le contact avec les
traditions, leur vie spirituelle et leur langue. C'est la langue qui
a préservé la force qui les caractérise. Et le
temps qu'ils y passent garanti leur soutien moral.
Projet de réservoir " Ouricouri "
Un groupe de Fulnios a récemment creusé à la
main dans le rocher et la terre argileuse un grand et profond réservoir
qui pourrait contenir suffisamment d'eau pour servir pendant trois
mois aux 6000 participants des rites annuels. Néanmoins, ce
réservoir n'ayant pas été cimenté,
il ne peut retenir en permanence l'eau qui, progressivement, s'infiltre
dans le sol. Jaguar et ses frères ont estimé le coût
d'un tel projet - le revêtement du réservoir - y compris
le prix du ciment, les renforcements en acier, le mélangeur
de ciment, l'eau de mélange, la main d'œuvre, une pompe de
remplissage d'eau dans le réservoir et une couverture de protection
contre la poussière, les insectes et autres petites bestioles.
Jaguar a également calculé le temps nécessaire
aux travaux. Si l'on employait dix hommes, le projet pourrait être
réalisé en une quinzaine de jours. Il choisirait ses
hommes pour leurs aptitudes, et leur responsabilité mais aussi
selon leurs besoins financiers, compte tenu que la majorité
des Fulnios ne mangent pas à leur faim. Un travail rémunéré
pourrait les aider.
En plus, ceux d'entre eux (c'est-à-dire la majorité)
qui n'auront pas d'accès à l'eau de bonne qualité
pendant les 9 mois en dehors de " ouricouri " pourraient,
en cas de besoin, aller au
réservoir chercher de l'eau (une demi-heure de marche) et la
rapporter ensuite chez eux au village. Ce n'est pas la solution idéale,
il vaudrait mieux avoir l'eau au village, mais ce serait
mieux que d'être privé d'eau complètement. Le
réservoir serait une solution temporaire pour la communauté
indienne jusqu'au moment où nous pourrions trouver une meilleure
technique d'approvisionnement du village en eau.
Il nous faut réunir à peu près 6.000 $ US pour
réaliser ce réservoir selon l'estimation détaillée
de Jaguar. C'est mon espoir et ma prière pour que cette somme
soit disponible avant fin Juillet 2004, ce qui donnerait assez de
temps aux Fulnios pour finaliser le projet avant l'ouricouri ; Les
rites sacrés de trois mois commencent fin Août.
UNE MISE A JOUR FABULEUSE : LA TOTALITE DE LA SOMME REQUISE A ETE
REUNIE AU 14 JUILLET 2004 ! ! !
Projet de protection d'Aldeia (village)
Encore une fois, commençons par décrire la situation.
Les Fulnios vivent pendant 9 mois de l'année dans leur aldeia.
L'aldeia est supposé être un endroit protégé
pour les Fulnios. En vérité, six grandes routes traversent
leur village. Ces routes sont principalement fréquentées
par les Brésiliens habitant la ville voisine de 60.000 âmes
- Aguas Belas - et par les camionneurs brésiliens. Les enfants
Fulnios qui jouent souvent dans les rues de leur village sont ainsi
exposés aux risques, pour ne pas parler de bruit, des échappements
de gasoil et du désordre que cette circulation induit.
Les blancs de Aguas Belas ne sont pas contraints de passer par l'aldea
de Fulnio. Aussi, les camionneurs professionnels ne sont pas obligés
d'aller à toute allure vers leur destination au nord ou au
sud du Brésil. Selon Jaguar, deux raisons motivent les camionneurs
dans leur choix d'itineraire: La première est d'éviter
le poste de péage sur l'autoroute et la deuxième est
le transport répété de contrebande - principalement
les drogues - à travers la frontière nord. La police
peut les arrêter plus facilement sur l'autoroute que s'ils traversent
le village Fulnio, pour rejoindre l'autoroute plus loin.
Jaguar et moi avons discuté d'un projet modeste (et pour lequel
les Fulnios sont dans leur droit) qui consisterait à fermer
le village à cette circulation. Il suffirait de mettre en place
des
poteaux de béton armé à chacune des six entrées
du village.
Le coût de ce Projet de Protection du aldeia,
y compris le matériel et la main d'œuvre serait d'environ 4.500
$ US, selon l'estimation faite par Jaguar. Ici encore, j'espère
que
ce projet sera réalisé avant la fin du mois d'août
2004. Ainsi, quand les Fulnios auront accompli leur 3 mois d'ouricouri,
ils retrouveront les rues de leur village tranquilles et leurs enfants
moins exposés au danger.
UNE MISE A JOUR FABULEUSE : LA TOTALITE DE LA SOMME REQUISE A ETE
REUNIE AU 19 JUILLET 2004 ! ! !
Projet de récupération des terres par les Fulnios
Comme cela arrive dans de nombreux pays des Amériques et dans
d'autres parties du monde, bien souvent les meilleures terres des
peuples indigènes sont achetées - si elles ne sont pas
simplement annexées - par des non-indigènes. Cette façon
de faire est habituellement motivée par la présence
de richesses naturelles, telles que minéraux, charbon, pétrole,
bois précieux, pâturages. Aucune pensée ne s'adresse
au bien-être des autochtones, ni à leur habitat ni à
l'environnement.
C'est exactement ce qui s'est passé pour les Fulnios. Dans
un milieu naturellement aride où l'eau se fait rare, les meilleures
terres irriguées ont été réquisitionnées
par des étrangers aux Fulnios qui y vivaient. Leur accès
à l'eau adaptée à la consommation et à
l'arrosage a ainsi été encore plus compromis.
Jaguar a fait le tour de certains de ces lots de terre, parlant aux
non-Fulnios qui s'y sont établis. Paraît-il que quelques
uns seraient enclins à rendre leurs lots - moyennant finances.
Même si cette pilule est amère à avaler, elle
reste peut-être le seul moyen pour les Fulnios de récupérer
une partie de leurs terres d'origine, souvent les meilleures.
Une telle reprise donnerait non seulement une fin heureuse à
cette triste histoire, l'accès aux terres irriguées
soulagerait certains problèmes d'alimentation en eau des Fulnios.
Même si nous n'avons pas encore calculé le prix de tous
les lots alimentés en eau, le prix (entre 6.000 et 15.000 $
US) serait à prévoir pour un lot allant de 50 à
90 ha (le double, si l'on compte en ares) selon les données
qui nous sont accessibles. Ce projet restera sur la sellette jusqu'à
ce que nous ayons réussi à récupérer pour
Fulnio toute terre qu'il y a à récupérer !
Toutes contributions à ce projet sont les bienvenues.
***
Je vais m'efforcer de vous tenir au courant du progrès
des projets, aussi bien en cours de
réalisation que des projets à venir lorsque les premiers
seront bien finalisés.
Fondation de soutien à la Famille de Jaguar
Pour finir, un autre projet sans rapport avec les besoins de la totalité
de la tribu mais qui concerne seulement Jaguar et sa famille. Certains
d'entre vous ont eu le plaisir et l'honneur de rencontrer l'homme
pendant son séjour d'un an à Abadiania au Brésil,
lieu d'activité de Joao/Jean de Dieu. Même si Jaguar
et son groupe familial de Fulnio n'habitent plus à Abadiania,
il est de mon devoir de vous alerter sur leur situation.
Jaguar a consacré une bonne partie de sa vie d'adulte à
la lutte pour les droits des peuples
indigènes du Brésil, non seulement son propre peuple
de Fulnios mais aussi pour d'autres tribus natives. Rien que pendant
ces 8 dernières années Gil, la femme de Jaguar, et leurs
filles l'ont accompagné dans son périple avec beaucoup
de sacrifices de leur part, souvent affamées, endurant mille
misères sur leur parcours. Gil attend maintenant leur troisième
enfant, un garçon qui doit naître fin août 2004.
Ils sont tous maintenant à bout de forces et auraient besoin
de retourner vivre dans leur propre tribu, après tant d'années
de batailles, de luttes et de sacrifices pour la cause des peuples
indigènes du Brésil.
Gil et Jaguar n'ont pas fait d'économies durant leur séjour
à Abadiania. Chaque fois qu'ils gagnaient un peu d'argent par
la vente de leur magnifique artisanat traditionnel fait main par toute
la famille, ils l'envoyaient à l'aldeia où les autres
membres de la communauté
attendaient, démunis de tout.
Puis, à leur retour à l' aldeia, ils n'ont eu aucun
moyen de survie. Jaguar a la tête pleine de bonnes idées,
pour subvenir aux besoins de sa famille et des autres membres de la
communauté dans le futur, mais les bénéfices
ne se feraient sentir qu'au bout d'un an au moins. D'ici là,
lui et sa famille seront obligés de survivre.
Quant à moi et les centaines de personnes qui furent présentes
au sein de la communauté internationale d'Abadiania l'an passé,
nous sentions que nous avions tant reçu des Fulnios en les
fréquentant que maintenant nous voudrions faire tout ce qui
est en notre pouvoir pour les aider. Ils sont un exemple vivant du
dépassement et du don de soi pour les autres, sans répit.
Ils sont devenus pour moi une source d'inspiration. Je suis certaine
que vous partagez mes ressentis, vous tous qui les avez rencontrés.
De plus, si ce n'était pour les capacités altruistes
et visionnaires de Jaguar, aucun des projets susmentionnés
n'aurait jamais vu le jour. Il n'a jamais demandé d'argent
pour lui. Son but, sa lutte, ont toujours été pour sa
tribu entière. Et c'est justement pourquoi je me suis engagée
du côté des Fulnios. De nombreuses autres
personnes ont fait de même. Maintenant j'estime que c'est au
tour de Jaguar de recevoir après avoir tant donné lui-même.
Dans ce but, j'ai créée La Fondation de Soutien à
la Famille Jaguar. Je ne le fais pas à la demande de Jaguar
- l'idée est mienne comme le plaisir de pouvoir me rendre utile.
Il s'agira d'une fondation personnelle, les contributions doivent
m'être envoyées : Josie RavenWing, directement. Je vais
les transférer immédiatement sur le compte de la famille
de Jaguar. De cette manière, tous ceux qui ont été
émus par leur situation
seront capables de les aider à survivre cette année
en attendant qu'ils soient en mesure de se débrouiller par
leurs propres moyens. Basée sur mes interviews de Brésiliens
au sujet du coût de la vie, mon estimation pour cette famille
(bientôt au nombre de cinq) est évaluée à
700 $ US par mois. Avec cette somme ils pourront vivre décemment
et avoir assez d'argent pour payer les aliments, l'eau, les services,
les soins médicaux, les imprévus etc.
Si vous souhaitez participer à cette initiative et si vous
voulez promettre de contribuer par une somme fixe mensuelle au cours
de 12 prochains mois, faites-m'en part. Veuillez préciser la
somme que vous vous engagez à verser et à partir de
quelle date. Si vous préférez envoyer une contribution
annuelle en une seule fois, il n'y a aucun problème à
condition que vous me communiquiez la date à laquelle elle
sera envoyée. N'omettez pas de noter la raison de votre contribution
sur chaque chèque (soit Projets pour les Indiens Fulnio soit
Fondation de Soutien à la Famille Jaguar). Donnez, s'il vous
plaît, votre nom et adresse e-mail chaque fois que vous envoyez
de l'argent en faveur des Fulnios, quelle qu'en soit la cause. (Consultez
l'information donnée dans l'article " Voyages Spirituels
au Pays des Fulnios " pour envoyer vos dons à Fulnios.)
Dans l'hypothèse où vous ne pourriez pas les aider financièrement,
soutenez-les alors par votre amour et par la prière chaque
fois que vous pensez à eux. Votre pensée et votre prière
possèdent pour eux une valeur spirituelle plus précieuse
que l'argent. Cependant,
tant qu'ils vivent ici sur cette terre, ils ont besoin des deux. Ce
qui est vrai pour chacun de nous.
Comme Jaguar le dit toujours : " L'unité est une force
spirituelle, la plus puissante de toutes. Nous avons besoin de vous
comme vous avez besoin de nous. Nous composons ensemble une même
et seule famille ".
UNE MISE A JOUR FABULEUSE ! ! !
ChooseBooks (www.choosebooks.com),
un site Internet de vente de livres en ligne semblable à Amazon.com
ont consenti de donner 4% de chaque livre vendu pour la
cause des Indiens Fulnio. Tout ce qu'il vous reste à
faire lorsque vous leur commandez un livre, et quand vous procédez
au paiement, est d'écrire le mot " Fulnio " en case
de référence. GRAND MERCI, CHOOSEBOOKS ! ! !
INFORMATION
NOUVELLE :
NOUVEAU
: UN CD DE MUSIQUE TRADITIONNELLE FULNIO ! ! !
Ce tout nouveau CD, " Chants de la Tribu Fulnio "
donne la communauté internationale l'occasion d'entendre
la voix des Fulnios sous forme de prières et de chants
en langue Yate (la langue des Fulnios). La richesse harmonique
et l'énergie spirituelle des traditions ancestrales y
apparaissent pleinement. Le CD consiste en quatorze chants forts
et vibrants et trois prières dites.
Les bénéfices de la vente de ce CD vont entièrement
à la communauté Fulnio.
Pour vous inscrire, veuillez
consulter Josie
VOYAGES
SPIRITUELS AU PAYS DES FULNIOS
avec l'auteur Josie RavenWing
Pendant ma visite récente, en décembre 2004, au
pays des Fulnios, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de rencontrer
le shaman de cette tribu de 6000 personnes. Entre autres sujets
soulevés, notre discussion a porté sur la possibilité
pour des amis étrangers des Fulnios de venir en visite
dans leur communauté. Le shaman a demandé que j'accompagne
personnellement toutes les personnes qui souhaitent voir les Fulnios
dans leur village et étudier leur culture sur place.
Il n'a pas l'habitude de voir des étrangers dans le village
dont il assume l'étroite protection.
Constatant, au cours de mes visites répétées,
que j'avais compris leur mode de vie suffisamment et que je respectais
leurs règles, il m'a donné l'autorisation d'y amener
des visiteurs. Plus tard, permettra-t-il peut-être des venues
sans encadrement de personnes que les Fulnios pourraient rencontrer
hors du territoire, mais pour l'instant il exige ma présence.
Compte tenu de sa demande, j'ai décidé d'offrir
l'opportunité à deux groupes de m'y accompagner
en cette année 2005. Nous irons au pays des Fulnios pour
un travail de guérison physique et spirituelle, pour en
apprendre plus sur leur situation, se faire des amis et pour admirer
de près leurs danses et chants traditionnels. Les participants
qui le désirent pourront faire des randonnées matinales
avant que le soleil ne devienne oppressant. Plusieurs cascades
coulent dans la montagne voisine. L'on peut s'y baigner ! Il n'y
a pas de fin à toutes les surprises qui nous attendent
auprès de la communauté Fulnio, une fois que nous
nous sommes montrés dignes de leur confiance.
Mon rôle pendant ces voyages sera similaire à celui
que j'assure lorsque je mène des groupes en " voyages
de guérison " chez Joao de Deus à la Casa de
Dom Inacio à Abadiania. Je mettrai les participants en
rapport avec les agents de voyage qui offrent les meilleurs prix
d'avion, aiderai dans les formalités des visas brésiliens
pour ceux qui n'en ont pas. Je vous servirai d'interprète
chez les Fulnios et expliquerai tout ce que Jaguar et ses compatriotes
voudront vous transmettre. Je me chargerai de vous instruire sur
les médicaments naturels qu'ils veulent préparer
à votre usage. J'organiserai des logis, procurerai de l'eau
en bouteille et de la nourriture. Et je suis sûre que vous
y trouverez un bon choix d'artisanat de qualité. Je vous
aiderai à interpréter sa signification.

Je pense que j'aurai également l'occasion de vous
assister pendant leurs soins de guérison. J'en ai
déjà fait en coopération avec Jaguar
et sa famille. Ils effectuent ces gestes lorsqu'ils voient
des personnes ayant des problèmes. Et j'ai constaté
que ma participation dans leur travail ne les dérange
pas. Leur technique correspond bien aux thérapies
chamanistes que j'utilise moi-même depuis des années.
Le gros des bénéfices provenant de sommes
versées pour le voyage ira vers les projets de
la communauté Fulnio. Par leur nature, on peut
qualifier ces voyages comme une forme de collecte de fonds.
J'en retiendrai une petite partie pour mes services.
Deux voyages ont été prévus en 2005.
Ils auront lieu une semaine avant mes deux autres voyages
pour accompagner des groupes en visite chez Joao de Deus/Jean
de Dieu. Ainsi, les personnes intéressées
par les deux voyages auront la possibilité de réaliser
facilement l'un comme l'autre.
Si un séjour au pays des Fulnios vous intéresse,
veuillez réserver aussi tôt que possible.
Les voyages à destination du Brésil se réservent
des mois à l'avance. Je peux vous conseiller les
meilleurs vols à choisir.
PREMIER SEJOUR : ARRIVEE A SAO PAOLO TOT LE MATIN LE
15 MAI. CORRESPONDANCE VERS LE PAYS DES FULNIOS LE MEME
MATIN ;
RETOUR DE CHEZ FULNIO LE SAMEDI 21 MAI.
DEUXIEME SEJOUR : ARRIVEE A SAO PAOLO TOT LE MATIN LE
31 JUILLET.
CORRESPONDANCE VERS LE PAYS DES FULNIOS LE MEME MATIN
;
RETOUR DE CHEZ FULNIOS LE SAMEDI 6 AOUT.
Les dates ci-dessus ont été choisies en
harmonie avec les séjours organisés par
Josie chez Joao de Deus, Jean de Dieu. Ceux d'entre vous
qui voudront profiter des journées de guérison
prévues en 2005 à Abadiania pourront ainsi
réaliser les deux voyages. (Voir Voyages de guérison
au Brésil/Joao de Deus - Itineraires)
Veuillez demander à Josie les détails des
prix et autres informations au numéro en Floride
954-922-1596 ou par e-mail : jravenwing@aol.com
Comment
contribuer aux Projets des Indiens Fulnios et à la Fondation
de Support de la Famille Jaguar :
Si votre cœur vous dicte de contribuer aux projets Fulnios les plus
urgents, plusieurs moyens restent à votre disposition.
Premièrement, vous pouvez m'envoyer vos chèques à
mon nom - Josie RavenWing - avec votre adresse e-mail, pour que je puisse
vous confirmer leur réception. Aucun frais de
transaction ne sera prélevé sur vos dons envoyés
par ce procédé. Toute la somme sera remise aux Fulnios.
N'omettez pas d'inclure une note précisant le bénéficiaire
de votre don, si ce sont les Projets des Indiens Fulnios ou bien la
Fondation de Support à la Famille Jaguar. Veuillez établir
vos chèques à mon nom mais avec la mention " Projets
des Indiens Fulnios " ou " Fondation de Support à la
Famille Jaguar " dans la partie réservée aux références.
Je vous prie d'envoyer vos chèques à l'adresse suivante
:
Josie RavenWing
1425 Arthur St., # 502
Hollywood, FL 33020
Etats-Unis
Deuxième option : Vous pouvez obtenir une déduction fiscale
pour vos dons faits aux " Projets des Indiens Fulnios " (MAIS
PAS A LA FONDATION DE SUPPORT A LA FAMILLE JAGUAR ) si vous établissez
vos chèques au bénéfice de " Projets des Indiens
Fulnios " et les envoyez ensuite à l'adresse suivante :
Linaya Hahn
FHHHF / Fulnio Indian Project
P.O. Box 1760
Lyons, CO 80540
Etats-Unis
N'omettez pas d'indiquer votre propre adresse pour que l'organisation
puisse vous envoyer un reçu qui fera office de reçu fiscal.
Une troisième option d'aide aux " Projets des Indiens Fulnios
" et qui, elle aussi, ouvre les droits à la déduction
fiscale, utilise l'Internet. Voici la marche à suivre :
1. Connectez-vous au site www.justgive.org
ou www.networkforgood.org
2. Dans la case de recherche inscrivez Franklin Hahn Holistic Health
Foundation ou bien Franklin Hahn.
3. Cliquez sur le lien " Projets des Indiens Fulnios ".
4. Cliquez sur " donnez maintenant ".
Dans le cas du site Just Give, vous avez trois choix, parfois spécifiés
en toutes lettres, parfois seulement par des marqueurs bleus. Si uniquement
les marqueurs bleus apparaissent, choisissez celui du haut, celui qui
correspond au choix " donnez maintenant ".
5. Saisissez le montant de votre don. Veuillez bien, s'il vous plaît,
préciser que le don est pour " Projets des Indiens Fulnios
".
6. Confirmez votre choix dans le panier de commande. Ensuite, suivez
les instructions données par le site, concernant votre statut
de membre, vos coordonnés et votre moyen de règlement.
J'aimerais vous prévenir que si votre choix porte sur la deuxième
ou troisième option, votre
contribution sera versée au profit de Projets des Indiens Fulnios
par le biais de la Fondation Franklin Hahn. Cette fondation, dont le
siège se trouve à Chicago, est un organisme sans but lucratif
mais qui néanmoins génère certains frais administratifs,
tels que la comptabilité, les frais postaux etc.
Une petite partie de vos dons sera donc destinée aux coûts
de fonctionnement de l'organisme et ne servira pas aux projets Fulnios.
INTERVIEW
DU 5 OCTOBRE 2003
Par Sunita Chethik, Thafkexkyaxkya (" Jaguar " / Aristides )
et Anna Jessica Theissen
La tribu Fulni-Ô du nord-est du Brésil est en danger d'extermination.
Elle appelle à l'aide la communauté internationale et les
organisations humanitaires. Au cours des 500 dernières années,
sa population a diminué de 800.000 à 6.000 individus. Ils
sont sous l'état de siège crée par des éleveurs
de bétail et autres occupants qui se sont approprié leurs
terres et qui menacent de les massacrer. Leur territoire a été
complètement déboisé et desséché. La
pluie ne tombe plus depuis quatre ans. Les gens souffrent de faim et de
malnutrition dues à la sécheresse. Le conseil des douze
chefs de la tribu a confié à un groupe de guerriers Fulni-Ô
la mission d'appeler à l'aide la communauté internationale,
puisque le gouvernement brésilien n'a montré que peu d'intérêt
pour la situation désespérée de la tribu et son extermination
probable.
Les Fulni-Ôs sont la seule tribu de l'état Pernambuco
du nord-est brésilien à avoir préservé leur
propre langue, appelée Yahte' et leur propre culture. Cela est
devenu possible grâce à leur attachement à la pratique
spirituelle, maintenue vivante depuis des centaines d'années,
exercée surtout pendant Ouricouri, la période de cérémonie
durant trois mois. Cette cérémonie est strictement réservée
aux Indiens Fulni-Ôs. Les hommes la célèbrent séparément
des femmes. Le caractère sacré de ces rites interdit d'en
discuter même entre les Fulni-Ôs.
Ils disent que c'est par ces pratiques spirituelles que leur culture
a pu être maintenue et n'a jamais été infiltrée
par des gens extérieurs. Les Fulni-Ôs possèdent
une connaissance extraordinaire des plantes et des animaux. Ils savent
utiliser leurs propriétés médicinales. En fait,
d'autres tribus font appel à eux quand elles ont quelqu'un de
malade. Souvent les Fulni-Ôs se font inviter à demeure
par d'autres Indiens afin de veiller sur la santé de ces derniers.
La philosophie Fulni-Ô est simple et saine : Toujours faire des
choses pour le bien de l'homme, de l'environnement et de toutes les
espèces vivantes. Cette attitude peut servir d'exemple à
ceux qui cherchent un sens élevé à la vie. La musique,
les chants, les danses et l'artisanat des Fulni-Ôs reflètent
aussi la même harmonie entre la vie du corps et la vie spirituelle.
Aristides Ferraz de Siqueira Neto est un guerrier Fulni-Ô qui
a quitté son village à la recherche de soutien pour sa
tribu. Il a été désigné par le conseil des
chefs comme porte-parole de leur peuple. Depuis ses 18 ans, il a toujours
combattu pour les droits des Indiens, non seulement ceux de sa propre
tribu mais aussi ceux de toutes les autres. Aristides travaillait en
tant que délégué à la FUNAI (Fondation Nationale
pour les Indiens). Cet organisme gouvernemental doit protéger
les populations indigènes du Brésil, comme le fait le
Bureau des Affaires Indiennes aux Etats-Unis. La FUNAI a envoyé
Aristides en Amazonie travailler avec ses confrères Yanomamis.
Mais il a fini par quitter son poste, écœuré par la corruption
et le racisme qui régnaient au sein d'un organisme gouvernemental,
censé protéger les populations indigènes. Depuis,
il a mené des manifestations et autres actions devant les bureaux
du Ministère des Affaires Publiques - une partie du Gouvernement
Fédéral - en espérant attirer l'attention du gouvernement
et des média sur la situation dans laquelle se trouve son village.
Selon ses propres mots : " Si je ne fais rien, si je retourne au
village tel qu'il est actuellement, nous allons tous mourir ".
Voici des extraits d'une interview avec Aristides Ferraz de Siqueira
Neto :
" Nous sommes la tribu Fulni-Ô, les derniers survivants de
la tribu des Tapwya. La majorité de notre peuple a péri.
L'homme blanc a détruit nos forêts amazoniennes et nous
n'avons plus d'eau. Il nous est très difficile aujourd'hui de
sauver notre culture et notre identité. Ce qui en reste, nous
l'avons préservé grâce à nos cérémonies
religieuses. Elles nous arment d'une puissance extraordinaire. Nos difficultés
sont grandes, car nous n'avons plus ni forêt ni eau, essentielles
pour le déroulement de nos rites. "
" Aujourd'hui, l'énergie du soleil, de l'air et de la terre
brûle encore dans nos mains. Nous ne l'avons pas perdue, cette
énergie ancestrale. Il faut nous aider dans notre lutte pour
la récupération de l'eau et des forêts. Nous formons
un seul corps : la forêt, l'eau et les Indiens. Mais si nous échouons
dans nos efforts, nous périrons comme l'ont fait les autres.
"
" Yathe', notre langue, est primordiale pour l'utilisation de
toutes ces énergies. Notre souffrance est grande. Nous voudrions
faire passer un message à tous les peuples non-indiens. Six millions
d'individus autochtones du Brésil, les Fulni-Ôs y compris,
ont déjà péri. S'ils étaient encore parmi
nous, nous aurions sauvé la forêt amazonienne. Nous en
sommes les gardiens véritables. La forêt a une grande importance
pour nous ; Elle fait partie de nous. "
" L'Homme Blanc a besoin de plus de paix intérieure, d'amour
et plus de vie. Il pourrait les obtenir par la forêt tropicale,
notre mère à nous tous et à la terre. Des machines
ne peuvent pas vous donner la vie et ne peuvent égaler la forêt
en importance. Aujourd'hui, l'on ne respire plus l'air pur. Aujourd'hui
l'on n'a plus la peau d'autrefois. Par le passé, la forêt
régénératrice nous permettait de vivre jusqu'à
120 ou 130 ans. Mais maintenant, nous atteignons tout au plus 70 ou
80 ans - un déclin proportionnel au degré de destruction
des forêts. Il faut que l'Homme Blanc comprenne l'urgence de la
restauration des forêts en coopération avec les Indiens
pour que nous puissions tous survivre. "
Je suis né sur un lit de brindilles et de feuilles. Ma mère
a coupé le cordon ombilical avec ses propres dents. A l'époque,
toutes nos habitations étaient faites de paille et posées
tout près les unes des autres. Notre village a été
incendié à plusieurs reprises, en partie à la suite
de la sécheresse, mais bien souvent par acte de malveillance
des hommes blancs. Quand nous avons appelé à l'aide le
gouvernement, l'on nous a construit des maisons en dur qui ne pouvaient
pas prendre feu. Bien que nos habitations aient changé, nous
n'avons pas changé nos pratiques et traditions culturelles. Nous
sommes dans l'obligation d'enseigner ces pratiques ancestrales à
la nouvelle génération, mais en même temps, nous
avons besoin d'une vision nouvelle qui naîtra de l'effort commun
de tous les gens sur terre afin que les forêts amazoniennes et
notre héritage puissent survivre.
" Déjà au temps de nos grands-pères, les
blancs brûlaient nos maisons. La situation se répète
maintenant, lorsque les éleveurs de bétail envahissent
nos terres et se les approprient. Même la ville d'Aguas Belas
- une ville de blancs - a été construite au milieu de
notre territoire avec le support du gouvernement. Toutes ces invasions
et injustices provoquent en nous beaucoup de peine, elles réduisent
nos terres et nuisent au maintien de nos coutumes et traditions. Le
gouvernement ne nous aide en rien. L'urbanisation continue à
grandir de jour en jour, ce qui oblige notre village à reculer
de plus en plus loin.
Au départ, notre village se trouvait à Recife au milieu
des forêts. C'était à une époque pendant
laquelle les blancs tuaient les Indiens comme des animaux. Nous nous
sommes donc réfugiés à Aguas Belas en y établissant
un nouveau village. Les éleveurs n'ont pas tardé à
nous repousser, nous obligeant à reculer, toujours plus loin.
A ce jour, il ne nous reste que 11500 ha. "
" En 1959, les colons nous avaient demandé une donation
de 70 mètres carrés au milieu de notre territoire destinés
à la construction d'une chapelle. Nous les avons laissé
faire. Aujourd'hui, ces 70 mètres carrés se sont transformés
en une ville de 60 000 habitants au cœur de notre réserve. Il
ne reste que 6 000 Indiens Fulni-Ô. Ils sont en conflit constant
avec les éleveurs locaux. "
" Un employé honnête de la FUNAI est venu effectuer
une étude anthropologique dans notre village. Cette étude
démontrait qu'une large portion des terres était occupée
illégalement par les éleveurs. Malgré tout, les
éleveurs ont refusé de libérer ces terres avec
l'appui de personnes influentes au sein du gouvernement. "
" Les éleveurs nous ont menacés : si on les force
à abandonner les terres qu'ils se sont appropriées, ils
tueront au moins 200 d'entre nous. Ils emploient des tireurs, quasiment
leur armée privée. "
" Voici la réalité quotidienne de notre tribu :
peur et courage, désespoir et volonté de survivre. "
" De riches éleveurs de bétail soutiennent le pouvoir
du gouvernement. Le maire en fonction dans la ville qui a poussé
en plein milieu de notre réserve ne cache pas sa haine envers
les Indiens. Bien entendu, il est du côté des éleveurs.
"
" La discrimination se produit au sein même de la FUNAI.
Certains employés de la FUNAI ont des idées anti-indiennes
même s'ils sont payés pour nous protéger. Et du
moment où un organisme créé pour nous protéger
se montre discriminatoire, notre lutte devient extrêmement difficile.
Si nous constatons que la FUNAI ne fait pas son travail, nous allons
au Ministère de la Justice. Si le Ministère de la Justice
ne réagit pas, nous nous adressons au Ministère des Affaires
Publiques. Durant ce parcours de combattant, les dossiers se perdent.
Les gens s'en lassent. Il arrive très rarement que les démarches
aboutissent. "
" Il a fallu que 100 guerriers de mon village viennent à
Brasilia il y a deux mois. Suite à leur mouvement, les choses
ont bougé. Nous avons organisé une manifestation devant
les bureaux du Ministère des Affaires Publiques. Ils ont fini
par envoyer des forces de l'ordre à Aguas Belas pour nous protéger
et pour éviter un massacre. "
" Les média aussi font pression sur le gouvernement. C'est
un phénomène rarement vu au Brésil. En temps normal,
les média ne réagissent pas pour moins d'une guerre. Ils
auraient préféré tourner des reportages sur une
guerre que de nous aider à éviter un conflit. Nous aimerions
recevoir des média chez nous avant qu'une guerre n'éclate.
Si la guerre se produit entre les Indiens et les Blancs, il est évident
que tous les Indiens qui restent encore au Brésil seront exterminés.
"
" Notre courage est grand. Mais nous ne sommes pas stupides. Nous
connaissons nos limites. Nous sommes obligés d'appeler à
l'aide la communauté internationale afin d'éviter un conflit
dévastateur. Je suis confiant dans leur aide. Mon espoir est
grand. "
" La lutte contre la discrimination doit être notre priorité
absolue, surtout à Aguas. Tout récemment, un Indien dormait
tranquillement sur la ligne qui sépare notre village de la ville
lorsqu'un Blanc qui n'aime pas les Indiens a démarré sa
camionnette et lui est passé sur la tête. "
" Afin de nous rendre à notre lieu sacré où
nous célébrons nos rites, nous sommes obligés de
traverser une des routes de la ville. Un homme et son fils s'y trouvaient
lorsque la voiture d'un Blanc les a heurtés. Ils sont morts tous
les deux. On penserait que la vie d'un Indien n'a aucune valeur pour
ces gens-là. Un Indien n'est pas plus qu'un animal. "
" Il y a une source à l'autre extrémité de
nos terres. Cette source nous appartient, mais l'eau coule par la ville
d'abord. Quand elle arrive dans notre village, elle n'est plus qu'un
filet pollué. C'est avec cette eau que nous remplissons nos réservoirs
d'eau pour le ménage et pour notre toilette. La quantité
d'eau dans la source ne suffit pas pour tout le monde. Il faut choisir
: la ville ou nous. "
" Pas une goutte de pluie n'est tombée depuis quatre ans.
Toutes les forêts du territoire ont disparu à l'exception
d'une petite portion. C'est ici que nous célébrons nos
rites sacrés. Déjà avant que la sécheresse
nous frappe, nous n'avions pas beaucoup à manger dans le village.
Et c'est pire maintenant. Les enfants souffrent de malnutrition. Beaucoup
de gens sont malades par exposition au soleil. Il n'y a plus d'arbres
et la température reste très élevée. "
" Des groupes de danseurs de chez nous vont donner des spectacles
dans d'autres régions en échange de nourriture ou d'eau.
Ici, nous devons acheter l'eau, mais nous n'avons pas assez d'argent.
"
" Certains villageois ramassent des feuilles de palmiers, des
noix de coco et des graines que l'on peut trouver sur place. Ces matériaux
leur servent à la fabrication de l'artisanat qu'ils troquent
contre des aliments ou de l'eau. D'autres sont forcés de travailler
en ville avec des Blancs afin d'apporter en échange un peu d'eau
à leurs familles. "
" Nous avons creusé nos propres puits, mais le projet ne
fût par couronné par le succès : L'eau souterraine
est salée et donc non-potable. Un de nos amis est américain.
Il est venu chez nous pour étudier l'alimentation en eau. Il
a vite constaté que l'eau n'était pas potable. Les systèmes
de filtrage sont bien trop chers, surtout parce qu'ils doivent être
remplacés tous les six mois. Notre ami a quitté le village
en pleurant, tant la situation lui a paru sévère. Il ne
restait plus d'eau dans nos réservoirs, même pas de quoi
nous laver. Il n'a pas pu se laver pendant les deux semaines où
il a séjourné chez nous. Quiconque vient en visite dans
notre village, doit apporter son eau destinée à la consommation
et à l'hygiène personnelle. "
" Grâce à Dieu, nos gens sont des gens forts. Nous
avons souvent faim, la malnutrition s'ensuit. Moi-même, j'ai souvent
souffert de la faim au village. Un homme marié doit avoir beaucoup
de courage, car il est très difficile de subvenir aux besoins
d'une famille. Ma femme a accouché de notre première fille
Arine, en pleine période de sécheresse et de famine. J'ai
énormément souffert de voir ma fille malade de diarrhée
sanglante. Nous n'avions pas d'argent. Il n'y avait pas de travail.
J'étais dans un tel désarroi que j'ai quitté le
village décidant de n'y retourner que s'il y avait de l'eau.
Je suis allé à Brasilia lutter pour mon peuple. A ce moment,
ma deuxième fille est venue au monde. "
" Des personnes de bonne volonté aux Etats-Unis organisent
la collecte d'argent pour un projet d'approvisionnement en eau. Il faut
d'abord effectuer des études supplémentaires, vu
la salinité de l'eau souterraine. J'avais une idée différente
- faire venir l'eau de la rivière Rio San Francisco éloignée
de 150 km de notre village. Nous avons besoin de quelqu'un capable d'estimer
la faisabilité de cette alternative. Il ne faut pas envisager
de nous transférer ailleurs. C'est ici que réside le cœur
de notre rite, ce site sacré dans la petite oasis boisée
que nous avons sauvée, la concentration de notre force spirituelle.
Pour cette raison, nous ne pouvons aller ailleurs. "
" Nous voulons rester ici, renouveler la terre en faisant venir
l'eau et en plantant des arbres. La terre ici est si fertile que seule
l'eau la fera revivre et tout repoussera. "
" Nous souhaitons inviter des gens qui pourraient nous aider à
déterminer ce qu'il vaut d'être restauré et nous
aider ensuite à y parvenir. Nous voulons que les visiteurs voient
de leurs propres yeux ce qui se passe réellement ici, principalement
quelle discrimination nous subissons. Nous avons dans le village cinquante
techniciens agricoles formés par la FUNAI. Ils ne peuvent rien
faire de leur savoir sans eau pour faire pousser notre nourriture. Notre
seul espoir est maintenant de nous rendre à la recherche d'aide
auprès de la communauté internationale. "
" Nous vous prions : Venez vous documenter sur ce qui arrive à
notre peuple. Nous avons également besoin d'aide sous forme de
recherche de l'eau qui pourra rendre productive notre terre. Sans aide,
nous allons périr.

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